En décembre 2025, le Grand Conseil a accepté un paquet de mesures visant à soutenir les entreprises et les travailleurs-euses affecté-es par la situation conjoncturelle et l’évolution des droits de douane états-uniens. L’objectif de ce train de mesures est de limiter la « casse » causée par l’instabilité économique et géopolitique sur l’économie et l’emploi dans le canton. Près de 7,9 millions de francs sont injectés dans cette opération. Matthieu Aubert (MA), chef du service de l’économie (NECO), et Olha Sereda (OS), cheffe adjointe du service de l’emploi (SEMP), détaillent ce dispositif et expliquent comment les entreprises peuvent en bénéficier concrètement.
Pourquoi le canton a-t-il jugé nécessaire de déployer un paquet de mesures spécifiques à ce stade ?
MA : Nous sommes confrontés à une combinaison de facteurs inhabituels : un ralentissement conjoncturel qui touche déjà certaines branches industrielles et, en parallèle, une évolution des droits de douane américains qui fragilise des entreprises fortement exposées à l’exportation. Le risque, si l’on ne fait rien, est une perte durable de compétences et de capacités productives. Ce paquet de mesures vise précisément à donner de l’oxygène aux entreprises et à leur permettre d’anticiper plutôt que de subir.
Comment une entreprise concernée peut-elle entrer concrètement dans le dispositif ?
MA : Nous avons mis en place une porte d’entrée unique au NECO, par téléphone ou par mail (neco.usa@ne.ch). C’est le point de départ du dispositif. Une fois le contact établi, nous réalisons un diagnostic de la situation de l’entreprise : impacts économiques, exposition aux marchés, perspectives à court et moyen terme. Sur cette base, nous orientons vers les mesures les plus adaptées, qu’il s’agisse d’un accompagnement stratégique avec platinn, d’aides à l’innovation, de soutiens à la diversification ou de mesures relevant de la LADE.
Une enquête a été adressée aux entreprises au bénéfice de la RHT. Quel est son apport dans ce dispositif ?
OS : Cette enquête poursuit un objectif très concret : faire le point sur la situation actuelle des entreprises concernées par la RHT, identifier leurs besoins prioritaires et évaluer leurs intérêts pour les mesures prévues dans le cadre du plan cantonal. Une fois le formulaire complété, la situation de l’entreprise est examinée conjointement par le NECO et le SEMP. Nous prenons ensuite contact dans les meilleurs délais afin d’analyser, avec l’entreprise, les possibilités de soutien les plus pertinentes, tant sur le plan économique que sur celui de l’emploi.
La formation pendant une période de RHT fait partie des outils mobilisables. Comment cela se traduit-il ?
OS : La période de RHT est souvent vécue comme une contrainte, mais elle peut aussi devenir un temps utile. Les entreprises ont la possibilité de renforcer les compétences de leurs collaboratrices et collaborateurs, de préparer de nouveaux axes de développement ou d’anticiper des évolutions technologiques. Le rôle du SEMP est d’accompagner ces démarches de manière pragmatique, en lien étroit avec les autres mesures activées par le NECO.
Quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises qui hésitent encore à se manifester ?
MA : Le plus important est de ne pas attendre que la situation se dégrade. Plus une entreprise se signale tôt, plus les marges de manœuvre sont grandes. Ce dispositif n’est pas uniquement une réponse d’urgence, il est aussi pensé pour soutenir l’adaptation et la résilience du tissu économique neuchâtelois.
OS : Du point de vue de l’emploi, l’anticipation est essentielle. Préserver les compétences aujourd’hui, c’est se donner les moyens de rebondir demain. Nos équipes sont là pour accompagner les entreprises de façon personnalisée et concrète.
Porte d’entrée unique au NECO
Tél : 032 889 68 20
Courriel : neco.usa@ne.ch
Web : https://invest-neuchatel.ch/droits-de-douane-etats-unis/
Cet interview est paru dans l'édition de février 2026 de REPÈRES (Numéro 266)






